Bonjour!
Je transfère ici les trois notes que j'avais rédigé pour des émissions sur TFJ, auxquelles j'avais participées en avril et mai 2006.
Il s'agissait de conter des histoires d'amour marquantes et historiques...
Les voici!
Elizabeth Taylor et Richard Burton ou les péripéties d'un amour sauvage
La fameuse rencontre entre Elizabeth Taylor (Cléopatre) et Richard Burton (Marc Antoine) n’a pu avoir lieu que grâce aux nombreuses péripéties qui jalonnent le tournage du film le plus coûteux de toute l’histoire du cinéma. Entre la trachéotomie d’Elizabeth, la défection de certains acteurs (dont celui qui incarnait Marc Antoine), la délocalisation du tournage (d’Angleterre aux studios de Cinecitta en Italie) et le changement de réalisateur, on peut dire que la production de Cléopâtre cumule les problèmes.
Elizabeth et Richard sont tous les deux mariés. Elle avec son quatrième mari (huit à ce jour !), le crooner Eddie Fisher, très célèbre à l’époque. Lui avec l’actrice Sybil Williams. Mais il semble que leur attraction l’un envers l’autre soit irrésistible.
Depuis déjà quelques jours, ils se dévorent des yeux. Lorsque arrive la scène du baiser entre Marc Antoine et Cléopatre, leurs rôles et leurs désirs ne font plus qu’un : ils s’embrassent fougueusement. Le réalisateur Joseph Mankiewicz, qui essaie désespérément de tenir les délais tout en écrivant le scénario tous les jours, a bien vu ce qui se passait, et il est désespéré : pour lui, cet amour n’est qu’un obstacle de plus sur une route semée d’embuches. C’est pourquoi, quand les deux acteurs lui demandent si la scène est réussie, il leur répond en soupirant : « Avec vous, je me sens de trop... ».
À peine la liaison connue, le nouveau couple doit faire face à une levée de boucliers : les studios sont furieux, le Pape s’en mêle en se déclarant choqué, et même le Congrès américain songe un instant à les empêcher de remettre les pieds aux Etats-Unis (n’oublions pas que les deux acteurs sont nés en Angleterre). Finalement tout rentre dans l’ordre devant l’enthousiasme de la presse. Une nuée de paparazzi les suit où qu’ils aillent. Elizabeth est impétueuse, Richard incontrôlable : à eux deux, ils forment le couple le plus explosif du cinéma hollywoodien, et les foules sont fascinées.
Chacun réussit à divorcer de leurs époux respectifs, et ils se marient enfin en 1964, dans un déchaînement médiatique. Pour sceller leur union, ils adoptent une petite orpheline allemande, qui sera le cinquième enfant de l’actrice...
Neuf années de vie commune les attendent, peuplées de films (9 en tout, dont le célèbre Qui a peur de Virginia Woolf pour lequel Elizabeth remportera un de ses deux oscars), de maisons (au Mexique et en Suisse), et de voyages partout dans le monde, en compagnie d’une kyrielle de domestiques, de chiens, d’avocats et de médecins à leur service. Une vie fastueuse, sous le regard des médias et entrecoupée de scènes de ménage.
À la mort d’Ifor, le frère préféré de Richard, celui-ci se met à boire et à fumer encore plus qu’à l’accoutumé. Le couple éclate et se sépare en 1973, pour mieux se remarier en 1975, au Botswana. Un second mariage à l’instigation d’Elizabeth, qui ne durera que quelques mois, car rapidement, Richard ira voir ailleurs. Il se remarie dans la foulée avec l’actrice Susan Hunt. Quant à Elizabeth, elle épouse tout aussitôt le Sénateur John Warner, la mort dans l’âme.
Huit ans plus tard, le 5 août 1984, à 58 ans, Richard Burton succombe à une hémorragie cérébrale. Il est enterré à Céligny, en Suisse, avec ses poèmes préférés de Dylan Thomas, et les derniers espoirs d’Elizabeth, dont seule la mort l’a vraiment écartée.
Cléopatre et Marc Antoine ou l'amour à mort
Cléopatre : femme mythique, connue pour sa très grande beauté, admirée parce qu’elle était reine d’Égypte, sans oublier son exceptionnelle intelligence, sa culture et ...ses deux amours, César et Marc Antoine.
Qui ne se souvient de la façon dont Cléopatre s’est présentée à César pour le séduire et faire en sorte de récupérer son trône confisqué par son frère ? Roulée dans un tapis ! Non seulement elle retrouve sa couronne, mais en plus, elle vit à Rome avec son amant. Cependant, en partie à cause d’elle, César périra assassiné.
Cléopatre retourne alors en Égypte.
Après l’assassinat de César, l’empire est partagé entre Marc Antoine, un de ses anciens lieutenants, et ses concurrents Octave et Lépide. Marc Antoine prend alors possession de la Grèce et de l'Asie mineure.
Comme le général a besoin d'argent et de blé pour entretenir ses troupes, il transmet ses demandes à Cléopatre, reine de la riche Égypte. Après s'être fait prier, cette dernière décide de se présenter enfin devant lui, à Tarse, en Cilicie.
Selon le récit de l'historien Plutarque, Cléopatre arrive dans un bateau d’un faste inouï, « étendue sous un dais brodé d'or et parée comme les peintres représentent Aphrodite. ».
Antoine se rend sur le navire. Ébloui, il tombe amoureux fou de la reine. Les deux amants vivent alors une lune de miel prolongée. Antoine répudie sa femme Octavie et épouse Cléopatre. Il s'installe à Alexandrie dans une débauche de fêtes et de faste. Cléopatre lui donne deux jumeaux et plus tard un troisième enfant.
Mais l’histoire se termine tragiquement : le 2 septembre de l'an 31 avant Jésus-Christ, la grande bataille navale d'Actium oppose Octave, fils adoptif et petit-neveu de Jules César, à Marc Antoine et Cléopatre qui ont voulu créer une royaume d’Orient séparé de Rome.
Après avoir enduré beaucoup de pertes, la flotte de Cléopatre arrive à se dégager et à gagner la pleine mer. La reine se retire du champ de bataille avec une soixantaine de vaisseaux et son trésor. Antoine, découragé, déserte sa flotte.
Il rejoint Cléopatre dans la capitale, Alexandrie. Mais la reine s'enferme dans son mausolée et refuse de revoir son amant. Elle lui fait dire qu'elle est morte ! Désespéré, Antoine se poignarde... et expire dans les bras de Cléopatre.
C’est alors qu’Octave débarque à son tour à Alexandrie. Il veut avant tout cueillir le fruit de sa victoire. Il met la main sur le trésor afin de s'assurer à Rome un magnifique triomphe. Cléopatre tente de refaire au vainqueur le coup de la séduction. Mais Octave ne se laisse pas fléchir. Il menace même d'enchaîner la reine et de la faire figurer dans son triomphe, à Rome. La séductrice, incarcérée, préfère alors rejoindre son amant dans la mort. Elle se fait apporter un panier de figues dans lequel un serpent est caché. Puis elle se laisse mordre par l’aspic pour s’en aller vers le royaume des dieux dans la dignité.
Cléopatre et Marc Antoine sont enterrés dans le même mausolée, dont on n’a pas retrouvé la trace aujourd’hui.
Jacob et Rachel ou la constance de l’amour
Jacob, petit-fils d’Abraham et de Sarah, est obligé de s’enfuir de chez lui parce qu’il n’a pas été d’une honnêteté scrupuleuse avec son frère...
Il se réfugie donc en catastrophe dans une contrée lointaine, chez son Oncle Laban.
Or, celui-ci a deux filles : la première, Léa, n’est pas terrible. Par contre, la seconde, Rachel, est une vraie beauté.
De qui Jacob va-t-il tomber raide dingue ? De Rachel, bien sûr, qui le lui rend bien à coups d’œillades prononcées... Mais sans argent, comment épouser la belle ? Jacob conclut un marché avec son oncle : il lui donnera sept ans de son travail en échange de sa fille cadette.
Sept années... Mais Jacob aime tellement Rachel qu’elles lui semblent passer en un clin d’œil ! Le jour de la noce est là, le fiancé attend sa bien aimée dans la chambre obscure, elle se glisse dans le lit, et le mariage est consommé.
Mais quelle n’est pas sa surprise, le lendemain, de s’apercevoir qu’il a été grugé : il a dans ses draps Léa, et non Rachel ! Affolé, il va trouver son beau-père. C’est lui qui a tout manigancé : il n’a simplement pas envie de chercher un mari à cette aînée ingrate, et il l’a envoyée dans la chambre de Jacob à la place de sa sœur, de plus, il bénéficie là d’une main d’eouvre gratuite, alors pourquoi s’en priver ?... Ce qui ne l’empêche pas de proposer un autre marché à son gendre : « Travaille encore sept ans pour moi, et cette fois-ci, je te donne Rachel ! »
Et l’amoureux transi accepte...
Sept ans plus tard, Jacob épouse enfin Rachel, qui tardera à lui donner des enfants. Un premier, puis un second, et la voilà morte en couche. Quelle douleur pour celui qui avait tant attendu son âme soeur...
Alors, afin que les générations futures puissent être le témoin de la grandeur de leur passion, il fait construire un monument sur la tombe de sa bien-aimée. Et aujourd’hui encore, on vient prier ou rêver devant la tombe de Rachel, à Bethléem, témoin d’un amour si fort qu’il a défié le temps !