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Jury Meetic 1erOctobre 05

La Trocade : l’émotion au cœur de l’Art contemporain

par Virginie Michelet

via michelgutsatz.typepad.com

Bonne lecture!

12.12.2011 dans Art Contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Tags Technorati: art; trocade

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Anges, un roman diablement bon !

Un ovni, un livre rare, osé, étrangement réjouissant. J'ai envie de le partager avec vous !

Anges de Julie Grelley vient de paraître chez Albin Michel


Les anges de Colline sont bien silencieux, et pour cause, ils ont rejoint le royaume des ombres à défaut de s’ébattre dans les cieux.

Quant à Colline, elle est folle, et ce dès les premières lignes de cette étrange histoire, absolument sans concession mais résolument bien ficelée. Une noire fiction qui nous tient en haleine, une question lancinante en tête : mais jusqu’où Colline, du haut de ses cent vingt kilos, va-t-elle nous mener ?

Fable sur la purification.

Les instruments utilisés, des pinces, des scies électriques et silencieuses, des sécateurs, en disent long sur la difficulté pour l’héroïne de se faire pure, une fois pour toute et à jamais, grâce à l’ange qu’elle est en train de se fabriquer. Un jeune garçon. Séquestré, bien entendu. Sait-on pourquoi la faiseuse d’anges opère? Non. Pas d’excuses pour Colline, aucun des artifices nourris de pathos psychologisant si chers à nos contemporains : on ne saura rien, on devinera tout. Même si Julie Grelley nous livre une partie du passé de son héroïne – dans le monde de la mode –, à nous d’inventer ce qui l’a conduit à une telle radicalisation. Est-ce grâce à cette absence d’explication que nous voilà soudain saisis d’autres questionnements ?

Qui veut se purifier avec Colline ?

Pas nous, bien sûr. Jamais nous n’irons jusque là ! Et pourtant… La pureté n’est-ce pas un des thèmes majeurs de notre époque ? Que ce soit en mangeant bio, en consommant propre, en se maquillant à l’aide de crèmes naturelles, en rompant avec le consumérisme d’autrefois, en nous protégeant à outrance du moindre microbe, jusqu’où est-on prêt à aller au nom de la pureté ? Couper avec les anciennes attitudes dangereuses et destructrices pour la planète. Tailler dans notre désir de plaisir. Sectionner, trier…

Impossible d’aimer un tel monstre ?

Pas si sûr, car l’histoire de Colline, c’est aussi une fable sur notre destin, avec ses répétitions sempiternelles, cette façon bien à nous que nous avons de nous mettre dans des situations que nous avons cent fois vécues, sans pouvoir en sortir. Un peu de compassion pour Colline, qui est persuadée qu’elle est dans le droit chemin, que Dieu est de son côté. Comme nous ? 

Pourquoi Colline est-elle une femme ?

A la limite, on peut se dire qu’être serial killer, c’est déjà osé pour une femme. Mais si en plus elle s’attaque aux enfants, alors là, on dérape vers le politiquement incorrect. N’en déplaise à beaucoup, les faits existent, bien plus fréquents qu’on ne le pense. De même que ce livre peut, d’une manière plus classique et en filigrane, poser la question de la liberté conditionnelle pour les délinquants sexuels…

Pas de compromis dans le style

Le style et l’intrigue sont aussi coupants que les propos, et ce jusqu’au bout, dans une cohérence totale entre le fond et la forme, maîtrise parfaite, épurée, magistrale. On pense à David Lynch pour le frôlement maladif de l’inconscient, à Tarantino pour le côté sanglant et le rythme, à Sade pour l’enfermement, à Poe pour l’intrigue, à Brett Easton Ellis pour l’hallucination provoquée par la précision…

À la fin de la fable, on est comme étourdi.

On se dit qu’on assiste à l’éclosion d’une romancière exceptionnelle qui a parfaitement compris comment on bâtit une véritable intrigue, comment on campe un personnage totalement cohérent, comment on ne dévie pas une seconde de sa trajectoire. Et comment il faut, nous lecteurs, nous manipuler pour nous donner le trouble plaisir que nous attendons…

 


18.01.2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Confidences d'un voleur d'instants

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Parution de Confidences d'un voleur d'instants, de Jean-Daniel Lorieux, avec ma "collaboration" : Jean-Daniel est photographe - une icône des années 1980, années sea, sex and sun - et peintre. Il a photographié de nombreuses célébrités comme Frank Sinatra, Serge Reggiani, Carla Bruni etc. et plus récemment, Isabelle Adjani dans des photos sur le Maître et Marguerite, le roman culte de Mikhaïl Boulgakov. Le livre de Jean-Daniel est léger, enlevé, avec un cahier photo central, bien entendu !

19.01.2009 dans Récits de vie parus | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Naissance de narniaguide.com

Bonjour!
Je n'ai pas écrit depuis longtemps... C'est que j'étais très occupée à pondre mes deux derniers livres. Le premier est sorti en février dernier, et c'est Massio Gargia qui l'a signé (avec ma collaboration). Il s'appelle La femme de ma vie, et raconte les dernières années de la femme de Massimo, Francine.Une triste histoire, puisque Francine est décédée deux mois après la parution du livre.

Le deuxième est sorti il y a quelques jours et, pour une fois, ne raconte pas d'histoire de vie, sauf celle de l'auteur des Chroniques de Narnia, C.S. Lewis. Eh oui! J'ai écrit un guide pour les plus jeunes, les 10-15 ans, où je raconte absolument tout sur les 7 tomes des Chroniques, les créatures mythologiques, les mythes, les clés de compréhension basées sur les planètes, les personnages, les deux films déjà sortis et le troisième à venir (en 2010), et même des recettes de cuisine. Il s'appelle Le Guide Magique du Monde de Narnia. Je vous invite à aller jeter un coup d'oeil à mon nouveau blog!, qui complète le livre à sa manière... À bientôt. :-)

03.07.2008 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

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Concert d'Hugues Aufray

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Quand j'ai commencé à collaborer avec Hugues pour son livre La jeunesse n'a pas d'âge, jamais je ne me serais doutée de ce qui va suivre...Cela se passe le 21 septembre dernier : Hugues m'a gentiment invité à son concert, et rien que cela mérite d'être signalé. Cela et les multiples fois où il m'a citée dans toutes les émissions et toutes les radios et toutes les interviews auxquelles il a participé. Un comportement qui repose avant tout sur son horreur du mensonge et son respect du travail des autres. Un comportement qui m'a beaucoup touchée, moi qui suis souvent dans l'ombre, tout au moins quand j'écris "en collaboration avec...."
Donc, ce 21 septembre, je me rends au concert d'Hugues accompagnée de ma fille. Guillerette. Le rideau s'ouvre sur un feu de camp, dans une ambiance des bons vieux tubes d'antan, et je me souviens immédiatement de la phrase de Coluche à propos d'Hugues : "On prononce le nom d'Huges Aufray et un feu de camp apparaît", phrase qui a toujours amusé le musicien. En voyant ce décor particulièrement réaliste et chaleureux, je pense " il a osé!" et je souris intérieurement. Bien entendu, les tubes d'Hugues, de Céline à Santiago, sont connus de tous et l'émotion est au rendez-vous. Arrive l'entracte. Changement de décor : de grandes voiles blanches érigées au fond de la scène évoquent un univers marin, les lumières ne sont plus orangées mais presque bleutées, et nous entendons de nouvelles chansons avec un mélange de curiosité et de joie.
Et puis tout à coup, une petite coupure dans la programmation : quelqu'un s'approche d'Hugues et lui remet une liste. Il la regard et commente : "Ce soir, dans la salle, se trouvent des amis, des gens qui me sont chers et que j'aimerais saluer. Je voudrais qu'à chaque fois que je prononce leur nom, la personne se lève pour que nous puissions l'applaudir" Le voilà parti à énumérer chacun, et chacun de se lever et d'être applaudi.
Et miraculeusement, j'entends "Et Virginie Michelet, qui est aussi avec nous ce soir,et qui m'a aidé à écrire mon livre..." Trop émue, j'ose à peine me lever sous les applaudissements...
Il est comme ça, Hugues, et c'est ça qui est miraculeux...
Il n'empêche, j'étais vraiment heureuse d'avoir emmené ma fille...

25.11.2007 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

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Signature !

41lxmqnluel_aa240_Une signature très courue mercredi dernier chez Le Dilettante : celle du dernier opus d'Emmanuel Pierrat, Le livre des livres érotiques, aux Éditions du Chêne. On apprend beaucoup en lisant ce texte bien tourné qui explore les auteurs d'ouvrages érotiques des siècles passés et présents, leurs écrits,voire leurs démêlés avec la vie,le tout agrémenté de gravures dont quelques unes totalement inédites, certaines très explicites, d'autres très drôles... Bref, un vrai parcours  légèrement licencieux, coquin, riche d'images et d'imagination. Il s'agit en fait d'une centaine d'ouvrages tous issus de la collection personnelle de l'auteur, un avocat réputé dans le domaine du droit d'auteur, lui-même auteur d'une trentaine de livres à ma connaissance et ...un ami ! Votre curiosité sera autant émoustillée que vos fantasmes. Pas d'hésitation!
Ci-dessous, une petite paparazzade : Emmanuel Pierrat en train de signer son ouvrage. On lui donnerait le bon Dieu sans confession!

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17.10.2007 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Une incroyable vente aux enchères (suite et fin)

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L’histoire cachée du panneau

Il est acheté dans les années 1930 par le père de monsieur, un dentiste de Lille qui apprécie l’art. Celui-ci est subjugué par la beauté  de cette œuvre ancienne découverte chez un antiquaire au cours d’une de ses promenades dominicales de chineur. Pendant la guerre, les Allemands approchants, la famille décide de cacher le tableau dans le placard du couloir de la maison, et, pour plus de sécurité, recouvre la porte de papier peint : la cachette est désormais invisible. Mais cela n’est d’aucune utilité. Une bombe tombe sur la maison, celle-ci s’effondre. Les habitants, qui ont fuit, la retrouvent détruite le lendemain, à un détail près : la seule chose qui reste debout, c’est le mur avec le placard qui contient le panneau !
Après quelques déménagements et un héritage, le tableau se retrouve dans la ferme du Périgord appartenant au couple de professeurs, banalement accroché au mur, sans aucune protection. Il faut dire que personne n’y voit un intérêt particulier. Il y reste jusqu’à ce qu’il me soit donné de le recevoir à l’Etude et de faire en sorte que l’auteur en soit connu. Grâce à cet objet du destin, ces retraités et leur descendance sont à l’abri des soucis matériels. Nous nous sommes occupés d’eux afin qu’ils placent leur argent sans risque. Par la suite, ils se sont révélés aussi dignes dans le bonheur qu’ils l’auraient certainement été dans le malheur. J’ai de temps en temps de leurs nouvelles, à vrai dire tous les ans. Leur vie a changé du tout au tout, mais ils restent simples et fidèles à eux-mêmes, tels que je les ai connus.

@ bientôt, pour une autre histoire !

09.10.2007 dans Récits de vie parus | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Une incroyable vente aux enchères (Part 9)

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Onze millions, douze millions, treize millions, quatorze millions, quinze, seize, dix-sept millions. Les enchères continuent de grimper dans la salle et au téléphone. Quelqu’un qui représente un acheteur s’oppose à un « déguisé » qui lui-même se bat contre un « anonyme » au téléphone ! Et je n’ai pas le temps de me demander qui sont tous ces protagonistes tant la pression est épaisse et enivrante, le tempo serré. Je continue de laisser monter les enchères.
Arrivé à vingt millions, je marque une pause et jette un coup d’œil du côté du couple, au premier ra    ng. Le professeur d’histoire de mon frère est rouge cramoisi, il respire à grandes goulées et je vois une grosse veine battre le long de son cou. À peine le temps de me dire « pourvu qu’il ne fasse pas un arrêt cardiaque »… et je
reprends les enchères, vingt et un, vingt-deux… La tension est à son comble, les yeux sont exorbités, je n’y crois pas encore, mais c’est un fait : je l’adjuge à vingt-huit millions de francs. C’est un grand marchand florentin qui remporte l’enchère pour Colnaghi’s - une officine londonienne – contre la Kunsthalle de Karlsruhe. Il sera nettoyé puis revendu -lorsque les fonds seront enfin réunis par le musée allemand- à leur légitime propriétaire. Il est à présent à Karlsruhe, accompagné du panneau du musée de Cologne, ce qui permet aujourd’hui de voir cette œuvre mondialement connue dans sa totalité répertoriée, mais pas, je le rappelle, dans son intégralité.

@ suivre, demain!

08.10.2007 dans Récits de vie parus | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Une incroyable vente aux enchères (Part 8)

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D’habitude, il n’est pas d’usage de commencer les enchères à ce prix de réserve. On débute toujours plus bas, au tiers ou à la moitié. Mais là, après les premières ventes des autres lots présentés – autres objets d’époque – la tension se fait brusquement palpable et voici qu’arrive le panneau. Et là, René Millet, l’expert, est dans un tel état d’enthousiasme, tellement excité, qu’au lieu de décrire l’œuvre et d’annoncer :  « Nous vendons maintenant le numéro 45, le tableau du Maître de la Passion de Karlsruhe, commençons à cinq cent mille  francs », non seulement il n’en fait pas la description, mais je l’entends proclamer d’un ton exalté : « Nous vendons un tableau magnifique, génial, fabuleux ! Commençons à deux millions de francs ! »
Je vois l’assistance un peu affolée, se demandant pourquoi la vente commence au prix d’estimation…
Mais cela ne nous empêche pas d’arriver rapidement à cinq millions de francs. Les personnes qui portent des petites oreillettes s’agitent, celles qui sont au téléphone  de New York aussi, et je vois les mains levées de mes collaborateurs me faire les signes habituels, quatre millions, cent mille, trois cent mille, cinq millions. Et tout à coup, silence. Le téléphone arrête de soutenir les enchères, la salle, comme une belle femme qui n’est plus désirée, fait grise mine. C’est là où je commence mon « numéro ». Il faut que le spectacle continue, et j’en suis l’animateur. Il faut que justice soit rendue à ce chef d’œuvre. Je me projette au milieu de l’assistance, dans l’arène, le micro à la main, et ça part : « Cinq millions, qui dit mieux, il s’agit là d’une œuvre exceptionnelle, une œuvre muséale ! Regardez ce tableau, regardez-le bien ! ça vaut bien mieux que ça… le septième panneau du polyptique de la Passion de  Karlsruhe, celui qui a disparu pendant toutes ces années, une œuvre unique, maintenant retrouvée, là, devant vos yeux, rien que pour vous ! Regardez ce Christ et sa douceur extraordinaire, regardez la trogne des bourreaux ! » Je sens un frémissement dans la salle.  A ce moment-là également, ça redémarre au téléphone. Six, sept, huit, neuf ! Quand on arrive à dix millions, je me dis : « Là, il faut mettre le turbo » et je commence à prendre les enchères million par million, au lieu de deux cent mille par deux cent mille.

@ suivre, demain !

07.10.2007 dans Récits de vie parus | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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Une incroyable vente aux enchères (Part 7)

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La vente

Mercredi 9 décembre 1998, salle sept à l’Hôtel des Ventes de Drouot. Atmosphère des grands jours dans ce lieu parfois poussiéreux, toujours rempli de chineurs, de marchands, d’intermédiaires, qui brasse tout autant le plus incroyable des bric-à-brac que des œuvres d’artistes contemporains ou de superbes meubles d’époque. Moquette rouge, murs rouges sur lesquels sont accrochés les tableaux lors des expositions d’avant–vente, ce qui permet aux futurs acheteurs de les voir, de les soupeser, de les estimer, de les désirer.
Reconstruit dans les années quatre-vingt, l’Hôtel des Ventes de la rue Drouot n’en est pas pour autant un modèle d’ergonomie. Quelques escalators petits et malcommodes aux parois de verre, un accueil souvent insuffisant pour les quatre à six mille personnes qui s’y pressent chaque jour : on a toujours l’impression d’un grand déballage dans lequel on pourrait, avec un peu de chance, découvrir le trésor de sa vie.
La salle est comble. Avec notre « préparation médiatique », des journalistes de la télévision ont installé leur caméra, d’autres sont disséminés dans l’assistance avec leur bloc note. Nous avons bien fait les choses !
Notre couple de professeurs s’est finalement déplacé. Je les assois au premier rang. Ils ont l’air très émus, presque commotionnés. Devant eux, la table où l’équipe de l’Etude officie. L’expert, qui tout à l’heure présentera le tableau pendant que je mènerai les enchères, ceux qui sont au téléphone – toujours important, le téléphone relaie l’acheteur invisible qui peut tout faire basculer. Ce jour-là, six ou sept appareils sont posés en attente. Jusqu’au dernier moment, l’équipe répond aux questions, s’occupe de tous les détails. Dans l’assistance, beaucoup arrivent avec ce qu’on appelle un faux nez, disons, incognito. À cause de la médiatisation sans doute, bon nombre de personnes dans la salle portent des oreillettes et communiquent avec le véritable acheteur, qui se trouve en réalité dans les couloirs de Drouot, au café ou à quelques kilomètres. En tout cas, il ne souhaite pas se faire connaître. Cela donne à l’atmosphère un côté surexcité, légèrement James Bond, qui n’est pas pour me déplaire.
Avant la vente, il est courant de mettre un prix de réserve en dessous duquel un objet ne peut être vendu – c’est, disons, un prix plancher dont on sait que le vendeur ne souhaite pas descendre plus bas. Lorsque l’on n’en met pas, dans le cas de ventes judiciaires par exemple, cela signifie que l’objet peut partir pour pas grand-chose s’il trouve preneur. C’est de toute façon une mesure de sauvegarde qui est laissée au libre choix du vendeur. Dans ce cas-là, quelques jours auparavant, j’ai reçu mon couple de retraités au Fouquet’s, pour leur faire honneur. Puis nous sommes passés au bureau afin qu’ils signent la réquisition de vente, document stipulant que l’Etude est chargé de vendre et dans quelles conditions. « Et que devrions-nous mettre comme prix de réserve ? Un million ? » m’avaient-ils demandé, incertains. Je leur avais conseillé, sachant que cela monterait forcément plus haut, deux millions.

@ suivre, demain !

06.10.2007 dans Récits de vie parus | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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